L’ancien deuxième ou troisième ligne de Clermont, Jamie Cudmore s’est confié via RMC Sport au sujet des commotions cérébrales.
Ce-dernier a notamment réagi au témoignage de Carl Hayman qui a annoncé cette semaine être victime de démence en raison des nombreux chocs qu’il a reçu à la tête tout au long de sa carrière.
Il indique ne pas être surpris par l’annonce du All-Black. Extrait:
“Je n’étais pas surpris, j’ai vécu à peu près la même histoire, beaucoup de matchs joués, et les séquelles à la suite de tout ça. Je parle souvent avec mes anciens coéquipiers et adversaires, et ils me racontent leurs douleurs, leurs problèmes de sommeil, leurs difficultés à se souvenir de certaines choses… Ce n’est pas bon. On voudrait garder de beaux souvenirs de notre carrière, mais comme Carl l’a dit, on a peur de tout oublier dans peu de temps.”
Il explique à quel point les petits chocs reçus quotidiennement à l’entraînement et pendant un match peuvent être dangereux. Extrait:
“Au début on ne connaissait pas trop le danger des commotions. On se disait “tu es un peu touché, mais tout va bien”. Mais avec les différentes recherches faites dans le monde, on a compris que les commotions peuvent laisser de vraies séquelles, tout comme l’accumulation des petits chocs à l’entraînement ou en match pendant des années et des années. On a subi dix fois plus de ces petits chocs à l’entraînement qu’en match… Tu reçois des petits chocs quand tu fais une séance de rucking, de placage, de mêlée en tapant sur un joug qui ne bouge pas… Tu peux absorber tous ces petits chocs individuellement. Mais après 300 ou 400 matchs, tu arrives à plusieurs centaines de milliers.”
Et Jamie Cudmore ne manque pas de tacler la France, un pays où le sujet des commotions cérébrales n’est pas vraiment prise au sérieux. Extrait:
“C’est dramatique, tu ne devrais jamais perdre la mémoire pour avoir joué au rugby. Heureusement, ça commence à évoluer, mais ça change plus vite dans les autres pays qu’en France. C’est un bon signe, car pour la santé des joueurs, on est obligés d’évoluer. Il est important de changer notre mode de fonctionnement, de réduire le nombre de jours avec contacts à l’entraînement.
Je pense qu’on est un peu ancrés dans le old school. Dans plusieurs pays, on voit que les joueurs sont sortis définitivement après une commotion (ou une suspicion, ndlr). Mais les instances professionnelles ont dit “non, nous on sait mieux que les neurologues ou les scientifiques du sport”, et elles autorisent les joueurs à rejouer six jours après une commotion. A mon époque, c’était quinze jours. Mais on réduit, on réduit, on réduit, pour que les clubs aient leurs meilleurs joueurs à disposition chaque week-end.”



